Me croiriez-vous?

Me croiriez-vous si je vous disais
que mon coeur est un lieu secret?

Me croiriez-vous si d'un seul jet
je le recréais?

Me croiriez-vous si souhaiter
m'avait un jour émerveiller?

Me croiriez-vous si rêver
était un acte de liberté...

 

     Mon corps s'est enfoui sous les traces d'un pinceau.  Il voyageait subtilement et il a hérité d'une forme de beauté.  Il s'est évadé.  Sur des rives amères, sur des lacs éternellement clairs.

     Mon corps...

     Il s'est élevé lorsqu'il est mort.  Il a souri lorsqu'il a vieilli et il a disparu.  Je l'avais mis à nu.  Pour mieux pouvoir me regarder avant d'apprendre la vérité. Pour mieux sentir la présence de la divinité.

     Un jour,

     j'ai plongé dans mes propres yeux et j'ai pu voir le regard de Dieu.  Je me suis évanouie.  Je me suis éloignée de mon esprit.  Le voyage était mystérieux.

 

Me croiriez-vous si ma douleur
une fois atteinte, vous faisait peur?

Me croiriez-vous si mon bonheur
était pour vous d'une autre couleur?

Me croiriez-vous si je vous disais
que mon coeur est un lieu secret?

Me croiriez-vous si rêver
était un acte de liberté...

    

      Mon corps s'est enfoui sous les traces d'un pinceau.  Il voyageait subtilement et il a hérité d'un forme de beauté.  Il a regretté de plaire l'instant où il a aimé son père.  Ciel.  Bleu.  Parfaite immensité.  L'endroit m'était indiqué.  J'ai fui la paresse et la morosité.  J'ai prié.  J'ai dû croire que la vie m'était destinée.

      Un jour,

      j'ai plongé dans le puit de la profonde clairière et j'ai pu voir d'une autre manière.  Cette nuit là, je me suis demandé ce que faisait le vent dans mes cheveux.  Arabesques noires.  Ne croyez-vous pas que peindre ce geste était un acte d'humilité?

 

Me croiriez-vous si la pensée
m'était venue de m'envoler?

Me croiriez-vous si je vous disais
que mon coeur est un lieu secret?

Me croiriez-vous si rêver
était un acte de liberté...

 

     À présent je peins.  Je défend les paysages, l'homme et les étoiles, et lorsque je lève mon voile, je transforme un instant, l'éclat de ce court moment.  Je raconte la poésie et d'une main attendrie, je perche les oiseaux et je les nourris.  Je capture l'antiquaire de mes souvenirs avant que le temps le fasse fuir.  Je m'oppose à la modernité et je retourne aux sources de l'âge fatigué.

     Un jour,

     j'ai plongé à l'intérieur...
    

Me croiriez-vous si l'inspiration
était ce que j'avais trouvé?

Me croiriez-vous si je vous disais
que mon coeur est un lieu secret?

Me croiriez-vous si rêver
était un acte de liberté?

Me croiriez-vous si je vous jure
que ma peinture porte les traits de mon étrange figure.