"Père, j'ai épié votre coeur"


 Devoir entendre cette absurde vérité
En constatant qu'elle ne peut désormais changer
Alors je pars sur la mer
Alors je pars vers mon père.

Nous formons l'océan du Nord
Nos coeurs gèlent sur des glaciers
Je sais que j'ai eu tort
Lorsque je l'ai épié.

Il demeure à jamais mon idéal
L'ombre du destin s'est portée fatale
Les diamants que portent ses yeux
M'ont conduite au sommet de nos cieux.

Je tremble de le savoir près du soleil
Lorsque je ne vole pas plus haut qu'une abeille
Mais depuis le départ de la forteresse
Mon âme s'est déchaînée sans qu'on ne la blesse.

J'ai trouvé un bonheur qui rayonne à son gré
Je cours à jamais dans les champs de blé
La nature m'était apparue sous ses jours de pluie
Maintenant je vois la beauté mais de toi je m'ennuie.

Je dirige à moi seule le gouvernail  bleu
Et je réalise enfin mes meilleurs voeux
Si tu étais chevalier, je me ferais flèche
Pour qu'au moment où tu meurs, 
je vive dans ton coeur...